La Diète Protéinée a fait couler beaucoup d'encre, présentée comme solution miracle pour les uns, diabolisée pour d'autres...
D'où viennent ces divergences et controverses ?
Biochimiquement parlant, la Diète Protéinée ou diète Cétosée est un mécanisme d'adaptation génial qui répond a une véritable « utopie nutritionnelle » : comment perdre du gras tout en gardant le maigre ?
La Diète Cétosée est une méthode, un outil biochimique d'une remarquable efficacité, mais ce n'est qu'un levier biochimique qui ne va pas résoudre l'histoire, le vécu et le devenir des sujets en surpoids.
La diète protéinée a souvent été mal comprise par bon nombre de patients qui en ont fait une fin en soi, alors qu'elle ne constitue qu'un éventuel starter ou booster intégré dans une stratégie multidimensionnelle et un projet global visant à l'autonomisation et à l'auto motivation des patients qui ont su mettre en place des changements dans leur relation avec l'alimentation, et par rapport à leurs habitudes alimentaires antérieures.
La diète protéinée ou diète Cétosée a aussi été parfois mal prescrite, ou à mauvais escient, ou insuffisamment expliquée par certains thérapeutes qui ont parfois cédé aux pressions de patients pressés de maigrir à tout prix, ou encore qui ont voulu maigrir « à la place de leur patient », c'est-à-dire confondant l'efficacité de leur action avec les résultats sur la balance.
Et bien entendu dans ces cas de figure, les kilos perdus ont été repris avec un « bénéfice ».
Or, c'est le propre de tout régime amaigrissant qui ne s'inscrit pas dans une stratégie globale, avec maturation de son projet vers des objectifs réalistes et réalisables, soustendus par une auto-motivation sans cesse entretenue.
Et ce n'est jamais parce que l'on a maigri trop vite que l'on regrossit, bien au contraire, mais c'est parce que l'on a réintroduit trop vite et que l'on est revenu à ses habitudes antérieures qui favorisaient le stockage.
Il peut sembler judicieux ici d'éclaircir un point de terminologie : en effet, beaucoup de patients disent, lorsqu'ils font un régime, qu'ils perdent du poids, et dès qu'ils remangent normalement ils regrossissent ; mais ces mêmes patients, s'ils ont un excès de masse grasse de 10 ou 15 kilos, c'est parce qu'ils font spontanément, en mangeant soi-disant normalement pour eux un régime en hyper par rapport à leurs besoins et à leurs dépenses. On a bien conscience ici qu'est assimilé au mot régime toute proposition de changement, même en restant normo calorique.
Enfin cette méthode répond à un protocole stricte, qui a évolué, devenant de plus en plus précis (ce nouveau protocole vous sera proposé à la fin du texte).
En effet, les anciens protocoles de la Diète Cétosée étaient parfois moyennement précis, trop laxistes ou trop permissifs vis-à-vis du taux de glucides et lipides, expliquant certains échecs ou résistance à la cétose avec reprise de poids.
- Auparavant, on préconisait 1,2 à 1,5 gr de protéines par kilogramme de poids ; aujourd'hui, il faut conseiller 1,8 grammes.
- Auparavant, on autorisait 50 gr de glucides et 15 gr de lipides, aujourd'hui, on préconise moins de 30 gr de glucides et 7 gr de lipides.
On s'est aperçu que 75% des femmes ne rentraient pas en cétose avec 50 gr de glucides.
Une cétose inconstante, des pourcentages de glucides trop importants risquent de provoquer un véritable « harcèlement pancréatique », avec sollicitations itératives d'insuline, perturbant les mécanismes de lipolyse et de cétose, sources de résistances et d'échecs.
Actuellement, il faut impérativement viser une cétose constante, sans sollicitation du pancréas, et sur des durées peut-être plus limitée (3 à 4 semaines) ; au-delà d'un mois, on a l'impression que la cétose est moins efficace, comme si l'organisme mettait en jeu d'autres processus, ceux-ci, bien qu'ils permettent de poursuivre l'amaigrissement, ne sont plus le garant d'un amaigrissement sélectif et ciblé aux dépens de la masse grasse, ce qui est la spécificité de la Diète Cétosée.


